Sound of Metal

Musicien concentré sur sa batterie en plein concert

J’étais à l’avant-première du film « Sound of Metal » au Majestic Bastille hier soir. C’est l’histoire d’un batteur de métal, toxicomane, qui perd l’audition brutalement. Je vous en dis pas plus sur l’histoire du film. 🙂

Voici le résumé d’Allociné : « Ruben et Lou, ensemble à la ville comme à la scène, sillonnent les Etats-Unis entre deux concerts. Un soir, Ruben est gêné par des acouphènes, et un médecin lui annonce qu’il sera bientôt sourd… »

Le film a eu 6 nominations aux oscars dont « meilleur film » et « meilleur acteur » !

Facade du cinéma, Cinéma Majestic Bastille en néon jaune avec un fond rouge et le ciel bleu en arrière plan.
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Clap de fin pour Pixel le chat chien

Détail de l'oeil de Pixel, avec le contour de sa tête avec les poils

[29 avril 2018 / 6 avril 2021 ]

C’était un matin un peu spécial. Je me suis levée, Pixel ronronnait. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas fait ça.

Nous sommes allés prendre le petit déjeuner, du steak haché pour lui, un cacao et des tartines beurrées pour moi.

Les médicaments étaient devenus un rituel depuis un peu moins d’un mois.

J’avais ouvert la fenêtre de la cuisine pour qu’il puisse regarder par la fenêtre et grogner après les oiseaux qui venaient le narguer, comme tous les matins. Ce matin, c’était particulier, voilà 3 semaines qu’il n’avait pas grogné en montrant ses moustaches et ses canines aiguisées. Il faisait froid, j’avais mis un gilet par dessus mes vêtements pour pouvoir partager ce moment avec lui.

Pendant que je me préparais, je l’ai sorti sur le balcon.

J’ai vu que ce n’était pas comme d’habitude. Je l’ai fait rentrer mais il est rentré assez vite parce que il faisait frais. J’ai tout de suite vu qu’il y avait un problème avec ses pattes arrière. J’ai compris d’un seul coup mais j’ai gardé mon calme pour qu’il ne panique pas. 

Un petit coup de fil en urgence à la vétérinaire qui venait d’ouvrir son cabinet, entre-temps, j’ai sorti sa caisse de transport. Les gars l’ont installé tranquillement, il était calme et nous sommes partis en voiture. Il n’était pas question de lui faire subir un trajet à vélo avec tout le vent qu’il y avait. 

À notre arrivée, elle nous attendait avec son équipe. Elle finissait une consultation. Un chien est sorti de son bureau, Pixel n’a pas réagi alors que sa caisse de transport était ouverte. Je l’avais ouverte quand on est arrivés dans son cabinet. Je me foutais de savoir s’il y avait une personne ou pas. Le confort de mon chat primait sur tout le reste. L’équipe vétérinaire a fermé la porte du cabinet une fois le patient sorti pour que nous puissions être au calme tous ensemble avec Pixel pour ces derniers instants. Un moment douloureux, mais j’ai pu lui dire tout ce que je voulais et le laisser partir le moment venu.

Pixel a fait une embolie hier matin. Il n’a pas souffert. 
Il est parti dans mes bras, avec toute notre tendresse.
Oui, la vie est injuste. 
Oui, il était jeune, il n’avait pas eu encore 3 ans. 
Non, on ne pouvait pas le sauver mais oui on lui a donné le meilleur de nous même et on peut être fiers de nous. 

On était faits pour se rencontrer. ❤️

Ces 24 dernières heures ont été heureuses, ronrons, câlins, caresses et steak haché à volonté. Il nous manquera terriblement à tous les trois. 


24h après son départ, je me rends compte que la maison est terriblement vide. Après 2 confinements complets et l’été entier à être ensemble jour et nuit, je me rends compte qu’il était très présent en fait. Il avait une présence rassurante.

Présence rassurante à tel point qu’il entendait quand notre fils rentrait du collège et qu’il avait pas encore mis la clé dans la porte qu’il réagissait de manière à me montrer que quelqu’un arrive. Il avait l’ouïe très fine, ça tombe bien, il a compensé ce que j’entendais pas. Il avait compris en quelque sorte que je n’entendais pas et il compensait par la présence, le mouvement ou les ronrons qui n’étaient jamais très fort mais très tactiles.

Chaque mouvement, je me surprends à me dire « Tiens où es-tu ? », je le cherche comme lui il me cherchait quand je m’absentais pour faire les courses. Je vois ses affaires qui sont encore là, je ne me résous pas encore à les retirer mais il va falloir le faire le moment venu. Sa litière est encore là, ses jouets sont restés en place, ses coussins sont toujours aux emplacements clés de l’appartement. Sa fontaine à eau est encore branchée. Je n’ai pas le courage de la débrancher. J’ai juste eu assez de courage pour le laisser partir le moment venu. Tout est resté sur place.

Les larmes coulent, elles coulent à chaque pensée.
Et oui, il me manque déjà terriblement.

Jamy Gourmaud a évoqué que les chats auraient 7 vies. Son Nitro en a commencé une nouvelle.

On dit que les chats ont 7 vies, est-ce que Pixel a commencé une nouvelle vie ? Je ne sais pas. C’est une jolie croyance.

Pixel, a cat that behaves like a dog

Pattes de chat sur la rambarde du balcon

ou encore « Pixel, the cat dog »

Je n’avais pas encore écrit ici sur mon/notre chat, ou du moins pas donné de nouvelles depuis le 2 novembre 2020. La semaine dernière, notre chat nous a fait une frayeur. Je dis « mon » parce qu’ici c’est mon espace, et c’est moi qui lui donne ses médicaments, sa patée, qui l’emmène à tous les rendez-vous excepté celui des urgences où j’ai embarqué le conjoint à cause du masque et des émotions.

Mercredi 10 mars – 12h.

L’état de Pixel s’est dégradé vite. Avoir un rendez-vous chez le vétérinaire le soir même à 19h. Au diable le couvre-feu ! Notre chat d’abord ! Je suis rentrée à 20h à vélo sous la pluie avec lui avec la tête pleine d’inquiétudes.

Mercredi 10 mars – 22h30.

On le voit se traîner, ne plus arriver à respirer, tenter de récupérer sa respiration. Nous sommes perplexes, inquiets parce qu’un état de santé qui se dégrade aussi vite, il y a de quoi s’inquiéter surtout quand c’est un chat qui pourtant s’exprime beaucoup, mange avec gourmandise … 

Mercredi 10 mars – 23h30.

Direction les urgences vétérinaires de Levallois-Perret, tant pis pour le couvre-feu. Attestation remplie avec la case médicale. Pixel a été pris en charge très très vite, et heureusement, ils l’ont placé tout de suite dans une cage à oxygène, pour le stabiliser. Ils lui ont fait toute une batterie d’examens (radio, échographie cardiaque, etc. pendant son hospitalisation qui a duré 3 jours quand même.

L’absence

La maison était bien vide sans lui, ne pas l’avoir dans les jambes, ne pas l’entendre miauler pour parler avec nous, ne pas ouvrir la fenêtre à la demande… on a bien ressenti qu’il n’était pas là. Sa présence, on s’y est bien habitués surtout depuis le premier confinement.

Vendredi 12 mars – 16h.

Un coup de fil rassurant du cabinet vétérinaire qui nous dit que son état est stabilisé et qu’il a eu une échographie cardiaque, nous avons la possibilité de le ramener à la maison.

Vendredi 12 mars – 20h.

À notre arrivée, voir notre chat nous a réjoui mais la joie a été de courte durée. Le vétérinaire n’y a pas été par 36 chemins. Pixel a une maladie cardiaque grave pour son jeune âge et il n’y a pas de traitement. 

Nous ne pouvons que lui donner une meilleure qualité de vie, l’adoucir du mieux que nous pouvons. Ses jours sont comptés. Combien de temps il sera là avec nous ? Personne ne le sait. 
C’est injuste mais c’est comme ça. 

Lundi 15 mars – 19h.

Départ à vélo chez le vétérinaire avec la caisse de Pixel sur le rack de devant. Le sac i*ea est là pour limiter le vent, car les chats n’aiment pas le vent.
Pixel n’était pas très rassuré pendant le voyage qui a duré 15 minutes, j’ai pris mon temps, j’ai fait attention aux ralentisseurs, il a bien aimé je crois. Sentir la moustache voler, coller sa tête pour voir la route et sentir les odeurs du dehors à toute vitesse… Rendez-vous chez le vétérinaire pour vérifier que le traitement est bien supporté et une petite prise de sang, parce que sinon c’est pas drôle. (on en a profité pour vérifier le potassium)

Jeudi 18 mars

Ce matin, il est allé prendre l’air sur le balcon après avoir pris ses médicaments et sa pâtée. La petite promenade sur la rambarde du balcon ca l’a bien fatigué mais il aime ça, surveiller les pies qui viennent le narguer alors qu’il ne peut pas les attraper. Surveiller les moineaux, les écureuils qui passent. Il a beaucoup dormi. Mais surtout, j’avais réduit la dose du médicament sur conseil du vétérinaire, et à 11h je l’ai retrouvé à plat à côté de moi avec la respiration rapide, je n’ai pas tardé à le soulager, je lui ai redonné la moitié que j’avais enlevée le matin même.
Après cette angoisse, il a dormi une grosse partie de la journée, sorti un petit peu mettre la truffe dans l’herbe en bas de l’immeuble parce que quand même ca fait un peu de bien de sortir pour se dégourdir les jambes (et les pattes).
Petit appétit quand même, par contre, je ne l’ai pas vu boire de l’eau de la journée… J’ai fini par lui donner la patée petit à petit, il l’a mangée. C’est bien. Ce soir, c’est plutôt calme.

Pixel en train de se dégourdir les pattes dans le jardin

J’ai donc fait un compte instagram sur lequel je donne des nouvelles tous les jours, car la situation évolue de jour en jour. Je reprendrai les nouvelles sur un nouveau billet.

Je vais essayer de reprendre la plume, parce que avec toutes ces émotions, il y a un besoin d’expression aussi bien triste que joyeuse… Et je voulais partager ça avec vous.

Appeler un chat, un chat…

Chat qui dort dans le fauteuil

Notre chat s’appelle Pixel. C’est bel et bien un chat. Je voulais raconter un peu son histoire ici pour en laisser une trace. Et puis, ça change de registre en ces temps moroses.

Pixel est un chat qui est capable de venir te réveiller en grattant à ta porte parce qu’il veut rentrer dans ta chambre. Il est capable de rester assis longtemps sur ta table de nuit et te regarder dormir dans le noir tout en ronronnant. Dommage, je ne l’entends pas ronronner mais il ronronne bien fort m’a dit mon mari. Quand il n’est pas sur la table de nuit, il vient se poser sur nous quelle que soit notre position et ronronner de tout son soûl parce qu’il est content de te voir.

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Le masque, cet objet qui m’isole encore plus

À l’heure où la pandémie est en train de repartir, je suis assise dans un café à attendre la réparation de la béquille de mon vélo.

J’ai observé autour de moi durant ce moment de pause. Les gens, dès qu’ils sont assis, enlèvent leur masque et consomment leur commande. Les serveurs ont leur masque sur la figure. Il y a quelques clients qui l’ont sous le menton. Quand je vois des masques sous le menton, je repense à l’image à 2 illustrations : la première qui est un visage qui porte un masque sous le menton suivi de la mention « porter ton masque » et l’autre qui est un sexe masculin sorti du slip avec la mention suivante : « c’est comme si tu portais son slip comme ça ». Je vous raconte ça parce que c’est à quoi cela me fait penser quand Je suis face à ces personnes. Je ne compte plus les façons de le porter aujourd’hui.

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J’ai testé pour vous l’hôpital en période de covid19

Boum.

Me rendre compte que je suis tombée, que mes implants ont volé ainsi que mon téléphone. Réaliser que la chute est violente, réaliser que je ne peux pas me relever ni bouger. Que mon vélo est à terre. Seuls les paquets de fraises ont volé au milieu du passage. À l’entrée de ce tunnel piétons/cyclistes garni d’une barrière pour éviter que les motos prennent ce passage. Une des sacoches du vélo a effleuré une barrière et j’ai perdu le contrôle.

J’ai la chance d’avoir cette dame qui est arrivée très vite après ma chute. Cette gentille dame dont je ne saurai jamais le nom et que je ne reconnaîtrai jamais car elle portait un masque. Elle s’est approchée de moi et m’a parlé.

L’angoisse est arrivée très vite. Impossible de la comprendre sans lecture labiale. Mon cerveau, encore sous le choc, n’est pas en capacité de décoder quoique ce soit. Je vois qu’elle me parle mais je n’ai aucun son dans les oreilles, c’est comme ça que je me suis rendue compte que mes implants ne sont plus sur mes oreilles. Ils ont volé.

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Aux armes citoyens !

J’ai longuement hésité à écrire ce billet, et puis, je me suis dit que j’allais quand même vous partager mon point de vue, celui d’une personne sourde.

Les premières interventions officielles pour l’annonce de l’épidémie du Coronavirus en France n’ont été sous-titrées qu’au journal télévisé et encore, avec du retard puisque c’est du direct. Il est possible que je n’aie pas toutes les infos et que mon billet soit décousu.

Les points de situation coronavirus Covid-19 sont accessibles en LSF seulement sur le site de solidarites-sante.gouv.fr mais pas sous-titrées. Il n’y a pas de retranscription à minima sur chaque vidéo, c’est dommage … Je comprends la LSF mais ce n’est pas une langue dans laquelle je suis à l’aise.

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« Dis siri » et la surdité

Je me suis dit que je n’avais rien à perdre et ne sachant pas par quoi commencer ma journée. J’ai eu assez de motivation déjà pour m’habiller, prendre mon petit déjeuner et faire des choses obligatoires du quotidien que j’ai procastinées au maximum.

J’ai joué avec l’assistant vocal de mon ordinateur comme il m’arrive souvent de le faire avec mon téléphone aussi. Je me suis mise à mon ordinateur et j’ai regardé mon écran. J’avais une fenêtre « découvrez les dernières fonctionnalités de Catalina ».

Je découvre qu’il y a le contrôle vocal, je me dis : « tiens, une bonne façon de tester ma voix et voir si elle est compréhensible par un assistant vocal ».

Petite parenthèse « surdité » : il faut savoir que ces assistants vocaux étaient très mauvais il y a quelques années. Quand on naît sourd et qu’on apprend à parler avec un appareillage auditif, on ne perçoit pas la voix comme une personne entendante. Notre parole est le résultat de ce que nous pouvons percevoir et reproduire sans vraiment être certain.

Ma perception auditive est différente de la vôtre. J’ai appris à écouter et à parler d’abord avec des appareils auditifs. Je n’ai jamais réussi à comprendre des mots avec mes appareils auditifs si je n’avais pas la lecture labiale.

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Ladybug

Dans la continuité de l’état d’esprit du précédent billet. J’écrirai de temps à autre des billets de l’instant T « now » ou « maintenant ».

On voit le tracé d’un patron plastifié sur ce joli tissu gris. Un joli tissu gris clairsemé de forme d’insecte sérigraphié en blanc. Au toucher, il est agréable. J’avais fait attention à sa fabrication, öko-tex, il devrait être plus solide dans le temps aussi. J’avais pile acheté la bonne longueur de tissu. 2 mètres.

J’ai réussi à retrouver *le* patron de couture que je voulais faire, je savais à peu près où il était. C’est là aussi que je me félicite (chose rare !) moi-même d’avoir bien rangé mes patrons avant qu’on déménage.
Je les ai rangés dans des porte-documents plastifiés et noté le nom au stylo-bille sur un scotch. J’avais longtemps remis le fait de devoir le chercher longtemps ou de devoir le réimprimer pour ensuite l’assembler.

Je l’avais acheté chez Lil Weasel quand j’y suis passée cet été. Je le trouvais joli et c’était aussi l’occasion de renouveler ma garde-robe qui je l’espère un jour sera plus petite. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Les kilos sont bien installés chez moi. Il va falloir y remédier à un moment, mais chaque jour a sa peine.

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Maintenant, now en anglais

J’ai envie de déposer une parenthèse photographique chaque jour avec un texte qui l’accompagne ici mais je redoute de dévoiler un peu trop de ma personne, de ma vie. 

Par ricochets ce matin, j’ai été lire les billets de mon copain Stéphane. Je suis tombée sur son billet now, cela fait tellement écho à ce que je me disais. Il a traduit que justement le but de « now » est de rassembler tous les écrits d’un instant T sur une même page (sans devoir passer par un quelconque réseau social). Moi qui voulais réduire mes publications sur des espaces numériques que je ne contrôle pas. Je voulais rendre mes contenus pérennes. C’est ce que je pensais faire ici, mais sur un hashtag. 

J’avais écrit une première version de ce billet qui s’est effacé.

Un coup du sort ?
J’ai eu l’esprit torturé où je me suis demandé si je devais réécrire ce billet qui m’avait pris plus de 2h ce matin.
Est-ce que je dois le réécrire ?
Est-ce que c’est un signe de ne pas le réécrire ?
Se dévoiler, dévoiler mes pensées sur un espace qui est le mien mais public. Sachant que tout ce qui est publié sur internet est sujet à discussion sur la vie privée. Est-ce que je fais bien ou pas ?

Je ne sais pas. Continuer la lecture de « Maintenant, now en anglais »